Florence CABON, Directrice de recherche à l’Inserm

« Le pari, c’est de mettre ensemble des acteurs qui ne se connaissent pas au départ et qui se lancent dans une collaboration qui ne se serait jamais faite … »

Pouvez-vous nous présenter la start-up Selexel à l’origine d’une technologie très prometteuse dans le traitement du cancer.
Je suis Directrice de recherche à l’Inserm et j’ai créé la société SeleXel en 2006 en région parisienne, avec l’objectif d’exploiter une découverte scientifique majeure faite par deux chercheurs, découverte qui leur a d’ailleurs valu le prix Nobel. A partir de cette découverte, SeleXel a développé et breveté une première application pour le traitement des cancers de la prostate ; le principe est de stopper la prolifération cancéreuse par une thérapeutique « sur mesure » au niveau moléculaire.

Vous avez été sélectionnée dans le cadre d’un appel à projets de la Fondation Toulouse Cancer Santé en 2008 ? Quels en ont été les bénéfices ?
La Fondation Toulouse Cancer Santé est un des rares moyens qui existent aujourd’hui en France pour subventionner un projet entre le stade où l’idée émerge dans un laboratoire de recherche et le stade où cette idée une fois développée intéresse un industriel. La fondation a eu ce rôle de facilitateur en permettant à SeleXel de participer à un consortium de recherche innovant et de nous faire ainsi avancer sur la méthode d’administration de nos traitements.

SeleXel avait des collaborations avec l’Institut Claudius Régaud et des équipes toulousaines de l’Inserm ; qu’est-ce qui a motivé votre installation en 2010 dans la pépinière d’entreprises du centre Pierre Potier ?
SeleXel est positionnée entre la recherche amont et les projets pré-industriels ; elle est cœur de ce continuum. Ce qui nous a fait venir à Toulouse, c’est précisément la proximité créée sur l’Oncopole entre la recherche académique et la recherche clinique.

3 ans après votre implantation au cœur de l’Oncopole, quelle est votre point de vue sur cet écosystème ?
L’Oncopole, c’est un aimant, c’est un melting pot. Le pari, c’est de mettre ensemble des acteurs qui ne se connaissent pas au départ et qui se lancent dans une collaboration qui ne seserait jamais faite … s’ils ne s’étaient pas croisés à la machine à café ou à la cantine ! C’est par ce biais que les équipes ont pu par la suite se constituer pour répondre aux derniers appelsà projet lancés par la Région Midi-Pyrénées ou de l’Etat, et ce avec notamment l’appui du pôle de compétitivité.