François GERIN, directeur général adjoint en charge de l’innovation, au sein de Siemens France

«Améliorer la fiabilité des diagnostics en oncologie et en neurologie, gagner quelques jours, cela peut être déterminant dans le taux de réussite du traitement ou de la thérapie»

Pour Siemens France, quels sont les enjeux du futur institut universitaire du cancer ?
C’est un enjeu stratégique, non seulement pour Toulouse mais aussi pour la France. Il doit permettre d’améliorer l’efficacité des détections aussi précoces que possible des cancers et ensuite des thérapies.

Quelles recherches Siemens conduit-il actuellement dans la lutte contre le cancer ?
L’imagerie a une place primordiale dans le dépistage, le diagnostic et dans le suivi post thérapeutique des cancers. Nous sommes parmi les leaders en mammographie, scanographie, médecine nucléaire et en IRM.
Nous produisons également les radiotraceurs qui permettent la détection des cancers. On utilise notamment ces tomographes à émission de positrons (TEP) dont le principe de détection est basé sur le métabolisme cellulaire au sein des tissus. Le principe est le suivant : un radiotraceur est injecté au patient.
Il s’agit généralement d’une solution de glucose qui se porte de préférence vers les cellules cancéreuses qui sont de grosses consommatrices d’énergie. Cette solution, marquée par du Fluor 18 radioactif pendant quelques heures, est détectée par la TEP et permet d’identifier les cellules tumorales.
Récemment, nous avons mis au point un système innovant d’imagerie médicale qui intéresse tous les chercheurs et les centres tels que celui qui est en cours de création à Toulouse. Il combine en un seul appareil hybride la résonance magnétique (IRM) et la TEP et assure, sans que le patient n’ait à bouger, l’acquisition simultanée de l’anatomie 3D, du fonctionnement et du métabolisme des organes internes.
Sur une image à réalité augmentée, on arrive à faire apparaître d’une part les zones telles qu’elles ressortent du tomographe, et d’autre part à voir ces zones avec précision grâce à l’IRM. En France, le premier Biograph mMR – le nom de cet appareil hybride – sera installé cet automne au centre de recherche en neurosciences à Lyon.
Il permet d’améliorer la fiabilité des diagnostics en oncologie et en neurologie, mais aussi de déceler de façon plus précoce les tumeurs cancéreuses et en faire un bilan d’extension précis. Dans les cas de cancer, gagner quelques jours peut être en effet déterminant dans le taux de réussite du traitement ou de la thérapie.