Immunothérapie du mélanome : parcours de recherche et projet innovant
Un parcours au cœur de la recherche en cancérologie
Tout d’abord, après avoir intégré l’équipe MELASPHINX du Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse (CRCT) en 2017, la chercheuse a poursuivi ses travaux au sein de cette même équipe. Par la suite, en 2021, elle a obtenu un poste de chercheure à l’INSERM. Ainsi, cette étape lui a permis de consolider, mais aussi de développer durablement ses recherches en immuno-oncologie.
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire : un tournant thérapeutique
Au cours des dernières années, le traitement du mélanome avancé a été profondément transformé par l’arrivée des inhibiteurs de points de contrôle de l’immunité (ICI). En effet, ces immunothérapies stimulent le système immunitaire des patients et permettent ainsi de favoriser l’élimination des cellules tumorales.
Toutefois, malgré ces avancées thérapeutiques majeures, près de 70 % des patients présentent une résistance primaire ou rechutent dans les dix années suivant l’initiation du traitement. Par conséquent, l’amélioration durable de l’efficacité des ICI demeure un enjeu central en oncologie.
Cibler le TNF pour améliorer l’efficacité des immunothérapies
Des travaux antérieurs ont montré que la combinaison des ICI avec des traitements bloquant le TNF, une cytokine pro-inflammatoire, favorise le rejet des tumeurs. Plus précisément, les résultats préliminaires suggèrent que cet effet est associé à des modifications du phénotype et de la fonction des lymphocytes B (LB), une population de cellules immunitaires encore peu étudiée dans ce contexte.
Dans cette perspective, le projet vise à déterminer le rôle précis des lymphocytes B dans la réponse immunitaire anti-tumorale.
Études in vivo et protéomique à haute résolution
Pour atteindre cet objectif, l’équipe combine deux approches complémentaires :
- des études in vivo afin d’analyser l’impact des thérapies sur la fonction des lymphocytes B,
- des analyses de spectrométrie de masse à haute résolution, menées en collaboration avec l’équipe Protéomique et Spectrométrie de Masse des Biomolécules (ProteoToul, IPBS, Toulouse).
Cette stratégie permettra d’étudier la capacité des lymphocytes B à reconnaître les tumeurs et à participer activement au rejet tumoral.
Avancées fondamentales en immunologie tumorale
À moyen et long terme, cette étude permettra, d’un point de vue fondamental :
- de mieux comprendre le rôle du TNF dans la modulation du phénotype et des fonctions des lymphocytes B lors du traitement du mélanome par les ICI,
- de préciser la contribution des lymphocytes B à la mise en place de réponses immunitaires efficaces conduisant au rejet tumoral.
Vers de nouvelles stratégies thérapeutiques personnalisées
Sur le plan translationnel, le projet présente un fort potentiel pour :
- identifier des contextes immunitaires favorables à une réponse optimale aux thérapies combinant bloqueurs du TNF et ICI,
- définir de nouveaux biomarqueurs prédictifs de réponse,
- et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques afin de renforcer les fonctions anti-tumorales des lymphocytes B.