Après le cancer du poumon, le cancer de la prostate est devenu la cause la plus fréquente de décès chez l’homme.

Porté par le Professeur Catherine Müller-Staumont, Chef d’équipe « Microenvironnement, Cancer et Adipocytes » et Responsable du Département « Biologie du cancer » à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (IPBS)



Après le cancer du poumon, le cancer de la prostate est devenu la cause la plus fréquente de décès chez l’homme. Si les cancers qui restent localisés à la glande prostatique sont de bon pronostic, les cancers qui s’étendent au-delà sont de traitements plus difficiles. Comprendre ce qui rend un cancer de la prostate plus agressif est un des enjeux majeurs de la prise en charge de cette maladie afin de mieux prendre en charge les patients.

L’équipe du Professeur Catherine Müller-Staumont a montré que le dysfonctionnement de la graisse entourant la prostate explique en partie pourquoi le cancer de la prostate est plus agressif chez les personnes obèses.

L’objectif est au terme de ce projet d’inclure l’abondance du tissu adipeux périprostatique dans les classifications pronostiques utilisées en clinique et de proposer des stratégies de traitement innovantes basées sur la caractérisation extensive de ces dépôts abondants et des sécrétions qu’ils émettent en relation avec l’agressivité du cancer.

Ce projet a donné lieu à plusieurs publications :

Mammary adipocytes stimulate breast cancer invasion through metabolic remodeling of tumor cells.

Secretome analysis of breast cancer-associated adipose tissue to identify paracrine regulators of breast cancer growth.

Inflammation of mammary adipose tissue occurs in overweight and obese patients exhibiting early-stage breast cancer.

Metabolic remodeling induced by adipocytes: a new Achilles’ heel in invasive breast cancer?

A new role for extracellular vesicles: how small vesicles can feed tumors’ big appetite.

The fat and the bad: Mature adipocytes, key actors in tumor progression and resistance.

195 000 €

Subvention allouée par la Fondation

Le rôle délétère du tissu graisseux autour de la prostate pourrait ne pas être limité aux personnes obèses. En effet, les travaux de l’équipe du Professeur Catherine Müller-Staumont montrent qu’environ 25% de sujets de poids normal présentent une accumulation abondante de graisse autour de la prostate liée à l’âge. Ce lien est très intéressant car le cancer de la prostate est plutôt observé chez les sujets âgés. Les cancers des sujets présentant une graisse périprostatique abondante semblent avoir des cancers plus agressifs. L’objectif de ce projet de recherche est triple :

1. confirmer sur une grande série de patients qu’il existe un lien entre l’abondance graisse périprostatique et agressivité du cancer,
2. comprendre comment la graisse s’accumule autour de la prostate et le lien qui existe avec le vieillissement,
3. analyser ces dépôts périprostatiques abondants (aspect des dépôts graisseux, signaux émis) qui afin de comprendre les mécanismes qui leur permettre de rendre les cancers plus agressifs.

A terme, l’équipe de chercheurs de l’IPBS souhaite montrer que l’importance des dépôts graisseux autour de la prostate pourrait constituer un nouveau facteur de risque de cancers agressifs ce qui permettrait de traiter ces patients de façon plus importante dès le diagnostic. Comprendre les signaux qui contrôlent cette agressivité pourrait aussi conduire à proposer des traitements innovants chez les patients présentant ces dépôts adipeux abondants en interrompant le dialogue entre cellules graisseuses et cancers.