Comment le TNF, une protéine qui induit l’inflammation et la production de certains lipides, entraîne une résistance aux immunothérapies dans le mélanome ?

Projet porté par Bruno Ségui, Professeur des Université, Chercheur au CRCT (Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse)


Bruno Ségui

Le mélanome cutané constitue un problème majeur de santé publique en raison de son incidence croissante et de sa forte capacité à métastaser, mettant en jeu le pronostic vital du patient si la tumeur n’est pas détectée précocement. En France, plus de 10000 nouveaux cas de mélanome sont diagnostiqués par an. Depuis 2010, de nouvelles immunothérapies ont augmenté la durée de vie des patients atteints de mélanome métastatique. Ces immunothérapies utilisent des anticorps qui lèvent les freins du système immunitaire et par conséquent permettent l’élimination des cellules cancéreuses. Cependant, près de la moitié des patients ne répondent pas à ces traitements ou rechutent dans les 2 ans et il n’existe, à ce jour, aucun biomarqueur permettant de prédire cette résistance. Dans ce contexte, notre équipe du Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse a récemment montré que le TNF, une protéine inflammatoire majeure, constitue un véritable frein du système immunitaire et favorise la résistance tumorale. En conséquence, les anti-TNF, des médicaments qui neutralisent le TNF, augmentent fortement la réponse immunitaire ainsi que l’efficacité des immunothérapies dans des modèles précliniques de mélanome. Il en résulte une élimination totale des cellules tumorales et une protection à long terme contre ce cancer. Ces résultats majeurs ont abouti à un essai clinique au sein de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse-Oncopole dans lequel sera évalué l’efficacité des combinaisons d’anti-TNF et des immunothérapies chez les patients atteints de mélanome métastatique. Nos travaux actuels montrent que certaines altérations lipidiques dans les cellules de mélanome favorisent la résistance aux immunothérapies. Or, le TNF pourrait être le déclencheur de ces altérations. Dans ce projet, nous évaluerons cette hypothèse et déterminerons si ces modifications bloquent le système immunitaire et constituent des biomarqueurs de résistance aux immunothérapies. Cette étude pourrait nous permettre de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques en cas de résistance.




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